11 juin 2022 : Journée internationale de solidarité avec Marius Mason et tou.te.s les prisonnièr.e.s anarchistes de longues peines

Ci-dessous, nous publions la traduction en français d’une déclaration publiée initialement sur june11.noblogs.org. Les notes de traduction, précédées par « NdT », sont de l’Anarchist Bure Cross.


Alors que le temps passe et que les saisons changent, nous approchons une fois de plus de la Journée internationale de solidarité avec Marius Mason et tou.te.s les prisonnièr.e.s anarchistes de longues peines. Une autre année s’est écoulée, et beaucoup de nos chèr.e.s camarades restent captives de l’État, soumis.es à son emprise quotidienne, à l’isolement et à la brutalité. Le 11 juin est le moment d’arrêter la course effrénée de nos vies et de nous souvenir.

Nous souvenir de nos camarades emprisonné.e.s. Nous souvenir de nos propres histoires de révolte. Nous souvenir de la flamme – parfois vacillante, parfois ardente – de l’anarchisme.

NOUS SOMMES TOUTES DES PRISONNIÈR.E.S POTENTIEL.LE.S

Avec le 11 juin, nous souhaitons approfondir une critique de la prison qui remet en question la distinction entre prisonnier et soutien. Pour nous, ces différences sont conditionnelles : en tant qu’anarchistes, nous nous considérons comme des prisonnièr.e.s potentiel.le.s. Certain.e.s d’entre nous l’ont été, certain.e.s d’entre nous le seront. C’est la base de notre solidarité – nous nous reconnaissons dans le sort de celleux qui sont en prison.

Le continuum entre prisonnier et soutien est clair si l’on se réfère aux exemples de camarades emprisonné.e.s ou anciennement emprisonné.e.s : l’activité de Marius Mason au sein de l’Anarchist Black Cross, la libération d’un prisonnier anarchiste par Bill Dunne, la tentative de Pola Roupa de faire s’évader des prisonniers anarchistes par hélicoptère, les actions de Claudio Lavazza pour libérer des prisonniers. Les liens s’approfondissent quand on sait que de nombreu.se.x prisonnièr.e.s anarchistes sont enfermé.e.s pour avoir attaqué les institutions carcérales, judiciaires et policières ; et que d’autres liens existent avec les soulèvements de prisonnièr.e.s, de la Californie et de l’Alabama à la Grèce et à l’Italie.

LA SOLIDARITÉ SIGNIFIE…

Nous avons toujours dit que « la solidarité c’est l’attaque », mais nous devons reconnaître que les slogans ne permettent pas d’avancer dans nos luttes. Si l’ « attaque » se limite à un ensemble restrictif d’activités, nous nous coupons d’une vision plus large de la lutte anarchiste. Si nous allons au-delà de la simple répétition d’actions fétichisées, quelles possibilités s’ouvrent à nous ? La solidarité c’est l’attaque, oui, mais qu’est-ce que c’est d’autre ?

Dans cette optique, nous aimerions faire une suggestion : au lieu de faire ce que vous faites d’habitude pour le 11 juin, essayez quelque chose de nouveau. Si vous avez l’habitude d’offrir une aide matérielle aux prisonnièr.e.s, lancez-vous dans une action contre un tentacule du système carcéral dans votre ville. Si vous avez l’habitude de sortir dans la nuit pour attaquer, essayez de faire quelque chose pour soutenir directement un.e prisonnièr.e anarchiste. Le but n’est pas de renforcer la fausse dichotomie entre l’action directe et le travail de soin, mais de remettre en question nos rôles figés. En essayant de nouvelles choses, nous remarquerons peut-être que les murs qui séparent le soutien dévoué.e de la saboteureuse dévoué.e ont toujours été illusoires, que notre imagination est plus vaste que nous le pensions, et que nous sommes individuellement et collectivement capables de plus que ce que nous croyons.

Au cœur de notre vision de la solidarité se trouve le maintien des liens qui nous relient à nos compagnon.ne.s derrière les barreaux. Nous devons maintenir en vie les projets, les combats et les mouvements auxquels iels ont sacrifié tant d’elleux-mêmes. Nos liens avec les prisonnièr.e.s anarchistes partent d’un point commun : nous partageons le désir de transformer directement le monde dans une direction libératoire et égalitaire. Ainsi, notre solidarité devrait prendre racine dans l’intégration des prisonnièr.e.s dans nos projets et dans notre investissement dans les leurs. Nous voulons que les anarchistes libéré.e.s sortent dans un monde de débats, de collaborations et d’actions vibrantes ; et nous voulons favoriser cela autant que possible derrière les murs de la prison également. Cela peut être aussi simple que d’envoyer des nouvelles des luttes locales à un.e prisonnièr.e ou d’imprimer des déclarations de prisonnièr.e.s à partager lors d’événements. Comme pour tout aspect de la solidarité, nous ne sommes limité.e.s que par notre imagination et notre engagement.

Si nous devons soutenir les luttes en prison lorsqu’elles ont lieu, nous devons veiller à ne pas faire peser sur les seul.e.s prisonnièr.e.s la charge de la lutte contre le système carcéral. Celleux qui sont en prison – dans des conditions de contrôle, de surveillance et de restriction extrêmes – sont à bien des égards les moins à même de mener activement des batailles gagnables contre les institutions carcérales. Celleux d’entre nous qui vivent dans une liberté relative ont la possibilité de réfléchir stratégiquement aux actions et aux points de lutte qui auraient l’impact le plus positif sur la vie des personnes en prison et qui contribueraient le plus à démanteler le système carcéral. Comme la prison est inexorablement liée à de nombreuses entreprises et institutions d’État, les ennemis sont partout : où pouvons-nous gagner ?

Soutenir les prisonnièr.e.s est également un moyen de faire converger différentes luttes, comme nous l’ont appris les dernières décennies. De la Black Liberation Army à l’Earth Liberation Front, en passant par les résistant.e.s aux grand juries [NdT: le grand jury est une institution judiciaire États-Unienne qui peut notamment forcer des personnes à témoigner, sous peine d’emprisonnement en cas de refus], les inculpé.e.s des révoltes anti-police et les défenseur.euse.s de la terre et de l’eau [NdT: en anglais water and land protectors, activistes issu.e.s de communautés autochtones d’Amérique du Nord], toutes les luttes de libération mèneront nécessairement à la répression et à l’emprisonnement par l’État. En construisant une infrastructure et une culture de soutien, en faisant de la prison un isolement et un éloignement moins complets, nous renforçons tous les aspects de la contestation de cette société. Et aussi nous nous retrouvons, nous apprenons les un.e.s des autres, nous nous enrichissons mutuellement.

MISES À JOUR SUR LES PRISONNIÈR.E.S

Marius Mason a obtenu son transfert, longtemps réclamé, dans une prison pour hommes, devenant ainsi sans doute le premier homme trans à obtenir un tel transfert dans le système pénitentiaire fédéral.

Les administrateurs des prisons italiennes ont commencé à censurer les correspondances d’Alfredo Cospito en octobre. Les autorités l’ont accusé d’incitation à commettre des crimes, citant ses écrits dans le journal anarchiste Vetriolo. Cette répression s’inscrit dans le cadre de l’opération Sibilla, au cours de laquelle la police italienne a effectué des descentes dans de nombreux espaces anarchistes et fermé des sites Internet en lien avec Vetriolo pour empêcher la publication et la diffusion de ses idées subversives.

Claudio Lavazza a reçu un rallongement de cinq ans à sa peine de vingt-cinq ans. Ses avocats tentent d’obtenir une libération conditionnelle anticipée.

Eric King est passé devant un tribunal fédéral pour des accusations liées à une situation dans laquelle il a été attaqué et torturé par le personnel de la prison en 2018. Le jury l’a déclaré non coupable et son équipe juridique dépose maintenant une plainte contre l’administration pénitentiaire. À l’heure où nous écrivons ces lignes, Eric est en cours de transfert et reste la cible d’un système pénitentiaire rancunier.

Michael Kimble a été agressé par un agent pénitentiaire en juin, puis placé à l’isolement avant d’être transféré. La libération conditionnelle lui a de nouveau été refusée, les raisons invoquées étant des avertissements disciplinaires pour refus de travailler et une altercation avec un agent pénitentiaire.

Sean Swain s’est également vu refuser la libération conditionnelle, ce qui, selon lui, constitue des représailles de la part du personnel pénitentiaire en raison des commentaires qu’il a faits et des poursuites civiles qu’il a engagées contre eux. Il a depuis été transféré de Virginie à l’Ohio State Penitentiary à Youngstown, dans l’Ohio. Ses soutiens pensent qu’il sera bientôt à nouveau transféré.

De plus en plus d’inculpé.e.s des révoltes de 2020 [NdT: aux États-Unis] sont condamné.e.s, certain.e.s ont été libéré.e.s et d’autres vont purger leur peine. Certain.e.s sont toujours en attente de jugement et risquent de longues peines. Les effets de cette répression se feront encore sentir pendant de nombreuses années. Puisse la qualité de notre soutien à ces inculpé.e.s nous rendre plus fort.e.s que nous ne l’étions auparavant.

Au Chili, l’anarchiste Joaquín García a été transféré avec plusieurs prisonniers subversifs à la prison de haute sécurité de Rancagua en juin dernier. En octobre, il a été attaqué avec 20 autres prisonniers par une cinquantaine de gardiens, après quoi il a été placé en isolement pendant 24 heures. Cette agression faisait suite à leur déclaration de solidarité avec Pablo « Oso » Bahamondes Ortiz, qui était accusé de transport d’armes et d’explosifs et a été condamné à 15 ans de prison. Francisco Solar, un autre anarchiste enfermé à Rancagua, a été hospitalisé l’automne dernier en raison de la progression d’un diabète non diagnostiqué. Accusé de multiples attentats à la bombe avec Mónica Cabellero, après que son ADN ait été subrepticement prélevé lors d’une arrestation pour graffitis, il est en détention préventive depuis juillet 2020. En décembre 2021, il a reconnu sa responsabilité dans des explosions visant des bâtiments de l’institution policière, en solidarité avec les révoltes qui ont commencé en 2019 et les personnes blessées et assassinées par la police, car « personne ni rien n’est oublié ». Quelques jours plus tard, Mónica s’est battue avec un autre prisonnier, ce que sa famille a qualifié de provocation montée par la prison. Au moment où nous écrivons ces lignes, aucune information n’est encore disponible sur la condamnation ou la date de libération de ces deux anarchistes.

Sergey Romanov, Igor Olinevich, Dzmitry Rezanovich et Dzmitry Dubovski ont été condamnés au début de l’année à 18-20 ans chacun pour des actions directes contre des cibles du gouvernement biélorusse après une incarcération préventive depuis 2019. Après la condamnation, il a été révélé qu’ils ont été torturés par des gardes, ce qui a entraîné des aveux. L’anarchisme étant criminalisé sous la dictature en cours, au moins deux autres groupes risquent plusieurs années chacun pour leur dissidence.

Les autorités russes ont condamné l’anarchiste Nikita Uvarov, un adolescent, à cinq ans de prison pour avoir conspiré en vue de faire sauter une représentation virtuelle d’un bâtiment du Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie dans Minecraft (oui, le jeu vidéo) et avoir fabriqué de petits feux d’artifice. Deux de ses camarades ont reçu des peines avec sursis pour leurs crimes présumés à l’âge de 14 ans. L’ABC de Moscou a signalé que la répression a augmenté (bien qu’il n’y ait pas de nouvelles procédures contre les anarchistes et les antifascistes là-bas) et iels ont commencé à réorienter des ressources vers des efforts humanitaires alors que la Russie poursuit son invasion meurtrière de l’Ukraine.

L’Anarchist Black Cross de Dresde s’est également réorientée vers le soutien aux personnes qui se battent en Ukraine ou qui fuient ce pays. Cette réorientation de leur soutien signifie qu’iels aident à financer des forces de solidarité comme « The Black Headquarter » qui a rassemblé des volontaires pour s’opposer aux forces russes et aussi pour tenter de créer un espace autonome en opposition à l’État ukrainien. Sous la bannière du drapeau noir, les anarchistes et les anti-autoritaires d’Europe de l’Est s’unissent contre les concepts de guerre et de paix des États-Nations. Il convient de noter que des sections de l’Anarchist Black Cross ont été créées en Ukraine en 1918 en tant qu’auxiliaires de la Black Army [NdT: aussi appelée Makhnovchtchina] qui combattait autant les forces soviétiques que tsaristes envahissant depuis la Russie.

En Angleterre, Toby Shone a été condamné à près de quatre ans d’emprisonnement pour détention de stupéfiants (lors de perquisitions coordonnées contre des espaces anarchistes collectifs) après que les accusations de terrorisme qui pesaient contre lui n’aient pas été retenues – il était accusé d’assurer la gestion du site de contre-information 325. Bien que le gouvernement n’ait pas réussi à lui reprocher ni l’appartenance au collectif 325, à la Fédération Anarchiste Informelle/Front Révolutionnaire International, à l’Earth et à l’Animal Liberation Front, ni la participation à des incendies criminels ou à des écrits en lien avec ces organisations, il doit quand même encore se battre contre un Serious Organised Crime Prevention Order qui le soumettrait à une assignation à résidence de cinq ans sous haute surveillance, illustrant l’évolution des pratiques d’incarcération par un appareil d’État de plus en plus numérisé.

EN AVANT

L’expansion de la détention et de la surveillance à domicile n’est pas nouvelle, mais elle continue de croître, à mesure que la société carcérale envahit davantage le quotidien grâce aux avancées technologiques. La guerre, elle aussi, devient de plus en plus numérique, des frappes de drones au piratage informatique, tandis que les meurtres approuvés par les gouvernements se poursuivent. Nous manquons peut-être de détails sur les anarchistes frappé.e.s ou emprisonné.e.s dans leur quête de liberté dans les luttes en cours au Soudan, en Afghanistan et en Syrie, mais iels font vibrer nos pensées et nos actions. Tandis que l’État persiste dans sa perfidie punitive, tuant et emprisonnant, nous trouvons un terrain d’entente avec celleux qui luttent dans un effort pour accroître notre pouvoir et déstabiliser ceux qui cherchent à nous contrôler – portant les mort.e.s et les emprisonné.e.s avec nous dans nos relations avec elleux et à travers un conflit permanent avec l’existant.

Pour des idées d’activités potentielles, consultez notre blog qui contient des années d’archives de communiqués. Celleux qui cherchent des documents à imprimer et à partager les trouveront sur la page Ressources. Et, le plus important : une liste de prisonnièr.e.s anarchistes à qui écrire.

Nous attendons avec impatience les événements, actions, déclarations et autres contributions au 11 juin de cette année.

Pour l’anarchie !

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Entretien de M.&M. enfermées dans des prisons pour femmes

Nous partageons un entretien radio qui a été réalisé par Grrradio avec 2 personnes enfermées dans des prisons pour femmes en France pendant 12 ans :

Pour l’écouter, le télécharger, le diffuser : https://archive.org/details/entretien-m-et-m


A la mi-octobre 2020, nous sommes descendu.e.s à trois vers le Pays-Basque pour rencontrer Marina et Maïté, voir où ça allait nous mener dans notre envie de créer un support radio anti-carcéral et féministe.

Notre point de départ en allant voir ces deux personnes était de chercher en quoi la taule a pour rôle de contraindre des individu.e.s à rentrer dans le droit chemin et qu’est-ce qu’il y a de spécifique à ça quand on est perçue comme une femme avec toutes les attentes genrées qui vont avec. Qu’est ce qui se joue quand on transgresse à la fois les lois de l’état mais aussi les normes attribuées au genre féminin ? Car une « bonne » femme n’est pas censé avoir des pratiques illégales, encore moins qu’un homme. Une « bonne » femme doit avant tout s’occuper du foyer, prendre soin des autres, être douce et prudente. Une « bonne » femme n’est tout simplement pas censée se retrouver en prison.

On pense donc que l’institution prison va tenter de réassigner les personnes au genre féminin attendu, comme le fait l’école par exemple avec les petites filles. On a demandé à Marina et Maïté de raconter ce qu’elles en ont perçu pendant leurs années en prison. Elles sont toutes les deux des meufs cis blanches qui ont été accusées de collaboration et participation à l’ETA, organisation politique qui lutte depuis les années 50 pour la libération du pays basque. Elles ont passé une douzaine d’années dans différentes prisons pour femmes de l’état français, et un petit peu en Espagne à la fin. Elles sont sorties en 2019. En tant que prisonnière basque, elles ont eu un grand soutien de l’extérieur par le mouvement indépendantiste basque, ce qui a joué dans comment s’est passée leur incarcération en terme de ressources matérielles et psychologiques.

Ça fait du bien d’entendre ces témoignages parce qu’ils rappellent que si la logique de la taule est celle de la destruction, que la brutalité et la méchanceté de celleux qui y travaillent cherchent à broyer les gens, il y a des choses qui échappent à leur contrôle. Elles nous parlent de la joie, des amitiés, de la solidarité et des luttes qui continuent dans la taule, et ça fait chaud au cœur.

L’entretien dure 1h30. Les thèmes abordés vont être :

– la pression à être une bonne mère ou une bonne femme tout comme il faut

– le contrôle des corps et de la sexualité en prison

– le travail et les activités genrées

– être perçue comme violente en tant que meuf et la psychiatrisation

– la solidarité entre prisonnières et à l’extérieur

– la mise en concurrence entre elles

Enfin, dans l’entretien, y a beaucoup les termes de « femmes » et « hommes » qui reviennent. On préférerait parler des personnes qui se retrouvent enfermées dans des prisons dites pour femmes ou pour hommes. On veut dire par là que toutes les personnes dans ces taules ne se reconnaissent pas forcément dans la case qui leur est attribuée. Qu’il y a des meufs trans dans les prisons pour hommes et des gars trans dans les taules pour femmes. Et qu’il y a aussi des personnes qui ne se reconnaissent pas dans cette binarité homme / femme. Et c’est bien là une des violences de la prison : te réassigner à la norme.

Pour nous faire des retours sur l’émission : grrradio@riseup.net

D’autres ressources radio :

• Femme et taule (3 épisodes) – Dégenré-e : http://www.radiorageuses.net/spip.php?article54

• A l’ombre de la taule – On est pas des cadeaux : http://www.radiorageuses.net/spip.php?article385

• Pour elles toutes. Femmes contre la prison » : Interview de Gwenola Ricordeau (partie I) – Lilith, Martine et les Autres : http://www.radiorageuses.net/spip.php?article1113

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Emilio extradé en France

 

Publié sur passamontagna.info le 4 décembre

Emilio est un camarade italien de NO TAV qui a lutté contre les frontières en s’impliquant plus particulièrement dans les mobilisations à la frontière franco-italienne entre Briançon et Oulx.

Après une manifestation contre l’existence des frontières et contre l’expulsion du refuge autogéré d’Oulx, qui a eu lieu le 15 mai 2021, il est accusé de violences et de blessures aggravées à l’encontre d’un agent public, sur ce qu’ils disaient être un territoire français.


Emilio a été extradé en France hier. Il a été transféré à Gap pour l’audition/interrogatoire et a été emmené à la prison d’Aix-Luynes (Aix-En-Provence) pour une détention provisoire, dans l’attente du procès.
Ils avaient déjà clairement décidé de ne pas lui accorder de mesure alternative. Une punition de plus.
L’avocat est en train d’étudier les possibilités d’appel.
Le numéro d’écrou (code d’identification) nécessaire pour écrire aux détenus dans les prisons françaises sera connu lundi. En attendant -théoriquement- jusqu’à lundi on peut écrire directement à son nom. Les télégrammes ne peuvent pas être envoyés dans les prisons françaises.
Ils ont décidé de l’éloigner du Val de Suse, de la frontière, de Gap, de Briançon, de l’éloigner de ses proches et de la forte solidarité présente sur ce territoire. Comme ils l’ont fait à l’époque avec Eleonora, Théo et Bastien, arrêtés pour aide à l’immigration clandestine dans la journée du 22 avril 2018 et transférés de Gap à Marseille pour « raisons de sécurité » après l’appel à une manifestation sous la prison. Mais ils ont tort.
Emilio a toujours été aux côtés des exploités et de ceux qui souffrent des mille injustices de ce monde.
Il s’est toujours battu pour un monde plus juste. C’est pourquoi il a été arrêté.
Nous ne le laisserons pas seul ! Mises à jour et initiatives bientôt. Même sous cette prison !
En attendant, aujourd’hui, jour de l’ouverture des remontées mécaniques de Claviere et Monginevro, quelques solidalx sont bien présents à la frontière pour rappeler qui sont les vrais responsables de la chasse à l’homme permanente sur ces pistes.
La véritable violence est celle de l’État et de ses gardes, qui, de la Libye à la Pologne, de la Méditerranée aux Alpes, continuent de rejeter et de réprimer à chaque frontière européenne.
EMILIO LIBRE !


Ne le laissons pas seul ! Pour lui écrire :

Emilio Scalzo
Maison d’arrêt d’Aix Luynes
70 route des Châteaux du Mont Robert
CS 20600
13595 AIX EN PROVENCE CEDEX 3.

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Opération Sibilla : communiqué de solidarité depuis Bure

Une nouvelle opération répressive, nommée « Sibilla », vise des anarchistes en Italie.

A l’aube du 11 novembre, il y a eu de nombreuses perquisitions dans différentes villes (Cagliari, Cosenza, Cremona, Gênes, Lecce, Massa, Perugia, Rome, Taranto, Spoleto et Viterbo) et 6 compagnon-ne-s se sont vu notifier des ordonnances de surveillance judiciaire. Alfredo Cospito, déjà emprisonné à Terni, a fait l’objet d’une mesure de détention préventive (sic!). Michele, compagnon de Spoleto, a été assigné à domicile avec bracelet électronique. Quatre autres compagnon-ne-s sont soumis-es à différentes formes de contrôle judiciaire (interdiction de sortir de la commune de leur domicile, obligation de pointer au commissariat trois fois par semaine).

Les compagnon-ne-s sont inculpé-e-s en vertu du délit prévu par l’article 270 bis (association avec finalité de terrorisme et subversion de l’ordre démocratique), à cause de la conception, de l’impression et la diffusion, aussi par des moyens numériques et informatiques, du journal anarchiste Vetriolo, ainsi que pour des tags sur des murs au contenu considéré comme outrage et incitation, en plus d’un cas de dégradations d’un bien appartenant à autrui. De plus, iels sont inculpé-es en vertu de l’art. 414 (provocation aux crimes et délits), pour la rédaction et la diffusion de communiqués au contenu incitant à la perpétration de délits contre la personnalité de l’État, avec finalité de terrorisme et de subversion de l’ordre démocratique.

En plus de cela, deux sites internet de contre-information sont visés : roundrobin.info et malacoda.noblogs.org qui sont considérés comme une circonstance aggravante du délit de provocation aux crimes et délits (par le moyen d’un instrument numérique).

Depuis Bure, nous voulons exprimer toute notre solidarité et notre soutien aux inculpé-e-s de l’opération Sibilla et aussi à celleux des autres opérations répressives à l’encontre des anarchistes en Italie : opérations Lince, Scintilla, Renata, Prometeo, Scripta Manent.

Ces opérations nous rappellent les enquêtes pour associations de malfaiteurs et anti-terroristes qui touchent le milieu anarchiste français depuis quelques années. En juin dernier, le procès pour association de malfaiteurs à Bure a eu lieu, après plusieurs années de contrôle judiciaire où figuraient, selon les inculpé-e-s, l’interdiction d’entrer en contact avec d’autres inculpé-e-s, de se rendre dans les départements autour de Bure, de quitter la France, l’obligation de pointer, etc. Dans un climat de surveillance et de répression, l’objectif affiché de l’État était d’anéantir la résistance anti-nucléaire en prenant pour cible la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure.

En mars 2020, une semaine anti-carcérale a été organisée à l’Ancienne Gare de Luméville, près de Bure, avec l’envie de créer des liens internationaux. Pendant la semaine, ont eu lieu de nombreuses discussions autour des opérations répressives, des frontières, des prisons, de la cavale et d’autres réflexions autour du système punitif. Ces discussions étaient animées par des intervenant-e-s de différents pays et accompagnées d’un système de traduction pour faciliter les échanges. Des ateliers d’écriture à des prisonnier-e-s ont été proposés afin de briser l’isolement.

Aussi, en amont, des personnes incarcérées avaient été sollicitées individuellement pour participer à cette semaine par le biais de l’écriture. Dans les contributions figurait celle d’Alfredo Cospito. La lettre portait sur les stratégies de luttes dans les mouvements anti-nucléaires et anti-autoritaires. Il écrivait notamment que «lorsque l’un de nous se retrouve à l’intérieur, la meilleure façon de résister est de continuer les luttes pour lesquelles vous vous êtes retrouvés « enchaînés » et vous me donnez cette opportunité. ».

Dans l’opération Sibilla, Alfredo Cospito est inculpé du délit définit par l’article 414 pour cette lettre, et aussi pour un texte adressé à une assemblée anti-carcérale de juin 2019 à Bologne, et pour le livre-entretien « Quelle internationale ? ». L’État tente ainsi d’empêcher nos compas incarcéré-e-s de prendre part à la lutte en exprimant leurs convictions et idées anarchistes et renforce, toujours plus, l’isolement carcéral.

Depuis Bure, nous soutenons l’importance d’une solidarité internationale contre la répression qui s’abat sur nos compas. Contre toute autorité, partageons nos réflexions. Faisons-le à une échelle internationale. Partageons celles de nos compas incarcéré-e-s. La lutte ne s’arrête pas aux barreaux : déjouons la répression.

Solidarité avec le journal Vetriolo, avec les sites de RoundRobin et de Malacoda que l’État a tenté de censurer, solidarité avec Indymédia et les autres sites qui continuent de publier de la contre-information, malgré les perquisitions et la pression répressive.

Solidarité avec les inculpé-e-s de l’opération Sibilla et avec celleux des opérations Renata, Prometeo, Scintilla, Lince et Scripta Manent. Soutien à leur entourage.

Pour une solidarité internationale qui déjoue la répression et renforce nos moyens de lutte.

Quelques compas de Bure

 


Pour plus d’informations :

https://malacoda.noblogs.org/post/2021/11/14/la-sibilla-prevede-tempesta/

https://malacoda.noblogs.org/post/2021/11/23/comunicato-di-roundrobin-info-sulloperazione-repressiva-sibilla-dell11-novembre-it-en-fr/

https://attaque.noblogs.org/post/2021/11/12/italie-incitations/

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Boris sort de prison mais n’est pas tiré d’affaires

On republie ici un article publié hier sur Indymedia Lille.


L’audience du 20/09, qui devait porter sur l’appel de la condamnation à 4 ans de prison dont 2 fermes de Boris, toujours en coma artificiel, n’a pu avoir lieu en raison de l’état de santé toujours critique de notre compagnon.

Les juges ont décidé de le « remettre en liberté » sans contrôle judiciaire, et de reporter son procès sine die.

Si l’on ne peut que se réjouir dans l’immédiat qu’il ne soit plus sous la main de l’administration pénitentiaire, il n’en a malheureusement pas fini avec la justice, vu que la fin de sa peine comme son procès en appel ne sont que suspendus.

Les mots et les actes qui se multiplient en solidarité avec Boris font exister le désir de vivre hors de toute autorité.

Des anarchistes complices et solidaires,
Le 28 septembre 2021

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Solidarité avec Boris

Quelques jours avant le début du camp des Rayonnantes, nous, anti-nucléaires en tous genres, envoyons toute notre solidarité à Boris, emprisonné à Nancy-Maxéville depuis septembre 2020.

Boris a été emprisonné dans le cadre de la répression contre la vague d’incendies d’antennes-relais, plus particulièrement celles du Mont Poupet, que Boris a revendiqué. Vous pouvez lire sa déclaration ici.
Il y a quelques jours, un feu s’est déclenché dans la cellule de Boris et il a été transféré à l’hôpital de Metz. Vous pouvez trouver un communiqué sur sa situation ici.
Vous pouvez aussi trouver plus d’informations sur la procédure ici.

Nos luttes contre ce monde énergivore, qui tend à la commercialisation et l’artificialisation du monde, de Cigéo aux antennes-relais, sont les mêmes. Nos luttes pour la liberté et l’autonomie se dressent contre toutes les taules.

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Nancy/Metz : Boris dans le coma

On avait déjà parlé de la situation de Boris dans un précédent article sur notre site. On ne voudrait pas parler à sa place, et on vous invite donc à lire un texte qu’il a écrit il y a deux mois : Pourquoi j’ai cramé les deux antennes du Mont Poupet. On republie ici un article publié hier sur Indymedia Lille.


Notre compagnon Boris, incarcéré à la taule Nancy-Maxéville depuis septembre 2020 pour l’incendie de deux antennes-relais dans le Jura pendant le confinement, est actuellement plongé en coma artificiel au service des grands brulés de l’hôpital de Metz. Le feu aurait pris vers 6h30 dans la cellule samedi 7 août.

La seule certitude est que la prison est un système de torture institutionnalisée, et que l’État -de la police à la justice jusqu’à la prison-, est directement responsable de cette situation.

Que la tristesse se transforme en rage contre toute autorité…

Des ami-e-s, complices et compagnon-ne-s de Boris,
8 août 2021

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Solidarité avec Abtin Parsa et les anarchistes d’Iran

Note de l’Anarchist Bure Cross : dans cet article, on relaie (trop tard) l’appel pour une semaine de solidarité (12-19 Juillet 2021) avec l’anarchiste Abtin Parsa, publié par la Federation of Anarchism Era. On relaie aussi un texte d’Abtin Parsa publié le 8 Juillet 2021 sur sa situation actuelle. Enfin, on relaie une série d’articles d’Abtin Parsa de 2018 à propos des expériences de torture et d’emprisonnement des anarchistes en Iran.

Vous pouvez trouver plus de nouvelles de la Federation of Anarchism Era sur :

  • Leur site web asranarshism.com. Il ne semble pas être accessible par Tor au moment d’écrire cet article – si vous utilisez Tor, vous pouvez passer par un proxy web gratuit pour y accéder.
  • Leur compte Twitter @asranarshism, qui diffuse actuellement des informations sur les soulèvements et émeutes en cours en Iran et la répression très dure qui a lieu dans la rue.

Cet article est également disponible en anglais.


Appel international pour une semaine de solidarité avec Abtin Parsa (12-19 Juillet 2021)

Publié initialement sur https://asranarshism.com/1400/04/18/international-call-for-a-week-of-solidarity-with-the-anarchist-abtin-parsa-12th-19th-of-july-2021

L’anarchiste Abtin Parsa est un ancien prisonnier politique iranien athée emprisonné par le régime islamique pendant un an et demi en 2014. Abtin Parsa, âgé de 16 ans à l’époque, a été arrêté par l’IRGC [1] pour un discours public anti-islamique et anti-étatique dans son lycée, « Shahid Chamran », dans la ville de Zarqan. Même après sa sortie de prison, Abtin a continué à subir des pressions et des contrôles par le régime islamique, ce qui l’a obligé à s’enfuir en Grèce en 2016.

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Nancy : Incendie d’antennes-relais, 4 ans dont 2 fermes pour B.

Indymedia Nantes / mercredi 19 mai 2021

Incarcéré depuis sa mise en examen le 24 septembre 2020 pour l’incendie de deux antennes relais dans le Jura durant le premier confinement, B. a été condamné aujourd’hui a 4 ans de prison dont 2 fermes.


Il a été jugé à quasi huis clos, sans avocat, avec pour seul public un journaliste et deux membres de sa famille, tandis qu’une vingtaine de personnes étaient présentes à l’extérieur du tribunal de Nancy pour montrer leur solidarité.
Une dizaine de flics sont venus spécialement pour nous empêcher d’entrer dans le tribunal, et on a eu droit à un laïus du proc sur la justice version sanitaire. Les audiences sont publiques, mais pas trop. seuls des membres de la famille peuvent parfois, « exceptionnellement » entrer. Il s’est gardé de nous dire que ça ne concerne pas les journalistes.
Le compagnon a exigé un report, désirant mieux préparer sa défense, que l’audience soit réellement publique et en présence de son avocate, qui ayant été prévenue trop tard n’a pas pu se déplacer.
Il a réaffirmé son acte et ses raisons. Nous n’avons malheureusement pour le moment pas pu avoir retransmission de ce que qu’il a dit. Le proc a demandé 3 ans et demi dont 2 fermes, les juges l’ont condamné à 4 dont 2 fermes. Pour rappel, le parquet lui avait proposé une CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité). Le deal : 3 ans dont la moitié ferme en échange de ses excuses, ce qu’il a refusé.
Il a 10 jours pour faire appel, des informations suivront.
Alors que le verdict venait d’être rendu, nous avons pu apercevoir B. entouré de matons qui l’ont mis fissa dans une voiture. Nous l’avons suivi sur quelques mètres en lui faisant entendre notre rage et nos cris de liberté
Nous ne nous étonnons pas que les juges aient choisi de refuser le report, de le juger sans la présence de public et d’avocat, d’aller au delà des réquisitions du procureur, et de renvoyer à la prison de Nancy-Maxeville notre compagnon pour de nombreux mois encore.
Ils voudraient nous voir courber l’échine et s’excuser, mais on a pas fini de se révolter !
Jusqu’à détruire la dernière des cages !

Des compagnon-ne-s de B.

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11 juin 2021 : Journée internationale de solidarité avec Marius Mason et tou.te.s les prisonni.èr.es anarchistes de longues peines

Ci-dessous, nous publions la traduction en français d’un appel publié initialement sur june11.noblogs.org.


Contre une nouvelle année d’ingérence de l’État dans nos vies, contre la restriction de la libre circulation sous les auspices de la « sécurité », contre la brutalisation continue de nos ami.e.s en prison, nous appelons à un renouvellement de la solidarité le 11 juin 2021 : Journée internationale de solidarité avec Marius Mason et tou.te.s les prisonnièr.e.s anarchistes de longues peines. Depuis 17 ans, le 11 juin est une occasion de célébration, de deuil et de révolte. C’est un moment pour respirer, pour se souvenir de celleux qui sont tombées et de celleux qui sont en cage, pour nous rappeler pourquoi nous restons attaché.e.s à la Belle Idée de l’anarchisme. Par nos lettres, nos manifestations, nos collectes de fonds et nos attaques solidaires, nous gardons le phare allumé pour celleux qui ont donné des années de leur vie par conviction que l’État est une horreur contre laquelle nous devons parier nos vies.

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