Contre la prison : rencontrons-nous les 15 & 16 mars à Bure, le 17 à Nancy !

Parce que le système repose sur le système de dominations en place, et permet de le conserver : racisme, agisme, sexisme, classisme….

Parce que ce système est riche en institutions judiciaires et punitives : tribunaux, comissariats, prisons, établissements pour mineurs, structures psychiatriques, armée…. Et parce qu’en parallèle les rôles de contrôle social et de punition sont donnés et de plus en plus aux structures dites « sociales » : pôles emplois, écoles, maisons de retraites…

Parce que ce système est chargé en histoire pour le développement de nos sociétés impérialistes et capitalistes. Parce que le nucléaire n’a pu se développer que grâce aux institutions de répression.

Parce que ces structures servent à réprimer nos luttes et nos vies. Mais surtout qu’elles sont le quotidien de celleux qui n’ont pas la bonne gueule, le bon accent, le bon âge ou le bon quartier de naissance.

Parce que la justice n’est pas qu’institutions, mais qu’elle se manifeste aussi dans nos façons d’être et de s’organiser (par le système punitif par exemple).

Parce que toute forme d’enfermements est intolérable (pour les humain.es ou les non-humain.es – à bas toutes les cages, laisses et autres zoos).

Parce que la répression ne doit pas être un quotidien (en prison, dans les quartiers, ou autres endroits qui recherchent une indépendance de l’Etat).

A l’heure ou de plus en plus de gravitant.es de la lutte antinucléaire (et pas que) burienne se retrouve incarcéré.es, mutilé.es, privé.es de leurs déplacement. Mais parce que nous voulons élargir l’analyse sur ce système de contrôle, nous invitons à 3 jours de discussions sur ces questions.

 

AU PROGRAMME

*Jeudi 15 et vendredi 16, à la maison de résistance, Bure :

Jeudi
10h Discussion générale sur la taule
13h30 Atelier d’écriture et de dessin sur la question carcérale et/ou à destination des copaines en détention
16h Emission de radio (enregistrement) et/ou continuité de l’atelier précédent
Le soir : Proj (à préciser) & discut sur les femmes en prison

Vendredi
10h Atelier théâtre
13h30 Débat mouvant sur l’enfance & l’enfermement de l’enfance
16h Arpentage (forme de lecture collective d’un texte) de Milot l’incorrigible avec des membres du collectif qui l’a écrit,
Le soir : à préciser

Si tu veux proposer un atelier, une discussion etc, n’hésites pas ! Envoie un mail à aburecross(at)riseup.net

*Samedi 17, au CCAN, Nancy : Convoi depuis Bure, cantine, Projection de La mort se mérite, en présence du réalisateur Nicolas Drolc

*et pour prolonger, le 28 mars à Nancy à la librairie Quartier Libre, projection du film les 317 (documentaire d’un collectif qui recueille les témoignages de la repression et des 317 gardés à vue en novembre 2015 lors de la Cop 21), en présence d’une personne du collectif

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Lettre de Laura depuis le centre pénitentiaire de Nancy

(01/03/2018)

J’esquive un peu l’hypnose télévisuelle pour vous écrire depuis la MAF de Nancy. Comme disait Hafed démystifier la prison c’est déjouer la « meilleure des polices », la peur de la répression. Je sais que le compagnon est là aussi, côté « hommes », dans le bâtiment arrivants. Après le repas je guette parfois, fenêtre entr’ouverte, histoire de déceler sa voix au milieu des cris du soir.

Ici, vue imprenable sur les HLM, le mirador, les murs, les grilles, le terrain de basket, ses grilles surmontées de barbelés à rasoirs, la grille fixée à la fenêtre, les cinq barreaux, la vitre. J’oublie sûrement une grille ou deux. Ici tout est ordre, calme et dûreté. Une balle en mousse fluo casse un peu la grisaille des lignes droites.

Lino, bitume. Mes semelles n’ont pas touché la moindre terre depuis ma capture. La terre, un carré d’herbe, c’est le terrain de jeu privé des corbeaux à côté de la cour de « promenade ». Le vent sibérien ne nous fait pas toutes renoncer à ces tours en rond, parfois quelques passes de ballon.

Ambiance collège samedi après-midi. On discute, on rigole au soleil, le cul par terre. L’ennui nous incite à nous surveiller entre nous. Qui a de belles baskets. Qui a des poux. Qui a buté ses gosses. Qui se cahetonne à mort.

Les grilles fixées aux fenêtres sont là pour empêcher les yoyos et parachutes. On s’en fout des réprimandes matonnes, on y coince des morceaux de pain, solidaires des oiseaux au milieu de ce désert en béton glacé. Deux d’entre eux nichent dans les spirales de barbelés, pour se protéger des corbeaux me dit une détenue. À trente et quelques, c’est tendu de faire tomber ces grilles (facturées 250 ou 400 euros pièce) et d’arracher un rapport de force en notre faveur. Côté « hommes », ils sont 800, elles sont tombées. Comme dit une compagne de promenade : « tu peux même pas essorer ta serpillère. Tu restes avec ta merde à l’intérieur. »

*

À mon arrivée, une nuée de corbeaux me fait un dernier clin d’oeil, puis les gendarmes me lâchent en cage. En donnant mes empreintes je pleure de rage, la mise à nu me gèle même si la matonne ne me touche pas et ne me regarde pas par le trou du cul. On m’amène au bureau des matons de veille qui s’assurent qu’une suicidée ne viendra pas troubler leur ronde de nuit pénarde. En mal de connivence face à mon air renfrogné, l’un d’eux me demande de « quelle origine » je suis, et m’annonce qu’il est algérien. À quoi je réponds, je m’en fous.

Comme dit Bonnano « ils nous répriment avec tellement de bienveillance » ; les matonnes ne comprennent pas pourquoi leur « ça va ? », « ça va ? », « ça va aller ? » se heurtent à un « non, je suis en prison. C’est une question stupide ». Ou encore : « Vous m’avez l’air chafouine ». Je devrais avoir le sourire, apparemment « ici, c’est pas le pire ! », et même que d’après l’aumônière catho « chez les hommes, c’est pire »… Les Soeurs nous bénissent de leur visite une semaine sur deux, j’ai hâte. Les cathos, toujours là où il faut. Elles occupaient ma daronne dans la toute nouvelle nation algérienne, elles lâchent pas l’affaire avec nous. Le temps disjoncte ici.

*

L’espace parle de lui-même. Le chtar est au bout du bout de la chaîne de l’usine sociale sur les hauteurs de Maxéville, le Haut-du-Lièvre. Quand je découvre ce quartier où une partie de ma famille a vécu un temps, les gendarmes me font serrer les dents. « On est loin de la Place Stanislas ici ! Je comprends pourquoi je suis jamais venue ici ». « Y a le camp des manouches là-bas, regardez, et avant yavait un camp de Romanos ». « On est quand même mieux dans une cabane du bois Lejuc ! ». Et je vous passe les détails du show.

*

La grève des matons en janvier a laissé des traces de rage bien vives chez mes compagnes de promenade. Seul signe avant-coureur : des portions de petit-dèj en plus. Le lundi, premier jour, l’unique repas de la journée leur parvient à 16h30. Les mardi et mercredi elles ne sont nourries qu’à 17h et 17h30. Le début de semaine est crucial pour commander et recevoir les cantines, celles-ci n’arrivent que le mercredi. Pas de promenade, d’activité ni de cours. Les gentes sous méta ne reçoivent leur traitement qu’en fin de journée, au lieu du matin. La tension est implosive, les CRS débarquent et asphyxient les couloirs le mercredi (ou le jeudi). Les « hommes » saccagent leur cage, les meubles volent, les portes tremblent. Le jeudi, côté « femmes », une promenade d’1h30 est accordée, le repas de midi, toujours pas. Vendredi, « retour à l’anormal » en raison du recours d’un.e détenu.e, plus tôt que prévu. Une détenue fait grève dans la grève, elle refuse de bosser dès le lundi.

*

En 2016, une matonne fait la maline au moment de la distribution du repas et se prend un coup de fourchette dans le cou. Elle ne taffe plus ici. Côté « hommes », une matonne dite « la Camionneuse » est cernée sur le parking et se fait casser les poignets à coups de lattes. Elle est toujours là.

La rébellion côté « meufs » est moins spectaculaire ; elle pousse dans les interstices qui échappent à la surveillance permanente, à la loi du néon. Je passe le relai à vos imaginations.

La normalité de genre, la guedro, les gosses font une grande part du taf de pacification avant l’incarcération. Les matonnes n’ont pas grand-chose à mater et trouvent le moyen d’économiser le moindre geste. Juste avant le sondage des barreaux l’une d’elles me crie « Fenêtre ! ». « Ben oui, je vais pas ouvrir la fenêtre en plus » elle me précise, à quoi je lui réponds : « ah ben non, sinon vous risquez un TMS ».

Des années à mordre la colère, avec quelques-unes on se deale notre rage. Finalement je retourne en adolescence, même journées à regarder des clips à la télé, à lire, avec des bâtiments HLM à l’horizon.

Près des boîtes aux lettres, une affiche me fait marrer à chaque fois que je passe devant. Quelque chose comme « la violence en détention n’est pas acceptable. Ne restez pas seul ». Vos gueules les miséricordieux.

Je ne crois en rien, ni au hasard. La rage de penser que les deux personnes aux noms pas très dans la norme ont été les seules à refuser de les donner aux keufs, jusqu’au déferrement. « Camarade », viens me dire que je vois des rapports de domination partout, tu embrasseras mes phalanges.

Compagnes, compagnons, on s’écharpe, on s’écharpe (racialistes VS anti-racialistes), la réalité s’en fout elle et trace plus vite que nos idées. Entre détenues, si nos rapports sont surtout utilitaires, le racisme amplifie des détails infimes mais déterminants. Une détenue bulgare sur le point d’accoucher me raconte, en anglais, qu’une de mes compagnes de promenade lui a servi de bonnes portions de bouffe. Mais depuis, la personne de service a changé et elle n’est pas assez nourrie. Toutes nos demandes ou presque passent par l’écrit en interne, elle n’a pas d’interprète et une seule matonne parle anglais.

*

J’ai trouvé les articles de l’est républicain à la bibli. Celui de F-X Grimaud : un hélico, un drone, 500 gendarmes, le général d’armée Richard Lizurey en personne contre 15 « zadistes » ; j’en rigole depuis ma cage. « Aucun blessé », j’en ris noir ; le compagnon bouclé dans la cellule de GAV voisine de la mienne a demandé à être soigné, que ses pansements soient changés.

L’ANDRA est pressée de « rétablir les chemins de circulation » dans la forêt. Circulez, ya rien à voir. Pas de souche, pas de flammes, ni de rouge-gorge. Pas de ver, de renard ni de lichen. Circulez, y a rien à voir, mange-toi tes contrôles d’identité, fais-toi capturer, finis à Fleury (je pense à toi), finis à Nancy.

Pour le moment.

Pour le moment j’observe les corbeaux perchés sur les câbles qui se croisent au-dessus de nos têtes, entre des murs qui finalement ne font pas une grande différence.

En attendant, que nos « camarades » si avisé.es se pavanent dans les médias.

« On en était venu à admettre que les cochons, étant manifestement les plus intelligents des animaux, décideraient à l’avenir de toutes questions touchant la politique de la ferme, sous réserve de ratification à la majorité des voix » – La Ferme des Animaux

Collaborez avec la société spectaculaire-marchande, nourrissez les keufs tout en vous croyant critiques voire subversifs. Vous restez des bouffon.nes à mes yeux, prêts à toutes les acrobaties sémantiques et bricolages idéologiques, du moment que vous tirez profit des luttes. Mon « moment historique » comme tu dis « camarade » se conclut dans une cage verrouillée à multiple tour. Niquez vos maires, donc.

*

Un merci tendre aux compagni. Le lendemain de la destruction de vos maisons à coups de bulldozer, vous avez eu la force de vous taper la force répressive. Je me suis sentie moins seul. Prenez soin de nos compagnons non humains, des autres copaines et de vous, prisonniers, mutines et déserteuses de la guerre sociale. J’ai hâte de vous revoir mais plutôt hors des murs ; je refuse l’idée que vous vous retrouviez enfermé.es ici, même une heure.

*

De l’école à la prison il n’y a qu’un pas et certains s’étonnent encore que des lycées du 93 crâment. Les matonnes nous appellent « les filles ». Elles me grondent quand je porte mon bonnet à l’intérieur et les mains dans les poches. Elles nous font « chut ! » dans les couloirs, nous crient « Restez à votre place ! » en agitant l’index losqu’on tape à la porte parce que notre linge n’a pas été ramassé à 7h. Une matonne pro-active surnommée Adolf m’embrouille parce que je garde un briquet dans ma veste et que je ne fume pas ; « vous voulez mettre le feu ? ».

*

La rage n’a pas de plan, elle n’a pas de montre. Elle n’attend pas la « temporalité » dictée par les gestionnaires stratèges. En 2005 elle n’a pas attendu. En 2007 non plus ; ni 2008, ni 2011… Ni tous les jours, tout le temps.

***

Clins d’oeil aux Milots : « Enfermez-les / Affamez-les / Enragez-les tous… ».

Aux Sauvages ni martyrs ni victimes, « Hommage à la marge… Ici il pleut en cage »

Pour la fin du bruit des clés

Pour le chaos,

La beauté de la forêt et des émeutes dans un ciel vide,

Rage et tendresse !

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dimanche 10 septembre: Rassemblement contre les violences policières et pour l’interdiction des grenades assourdissantes

Article publié sur manif-est:

Suite à la manifestation du 15 août à Bure qui a fait de nombreux blessés graves parmi les manifestants, un rassemblement est organisé à Bar-Le-Duc, dans la Meuse, ce dimanche 10 septembre à 14h, afin de soutenir Robin, réclamer l’interdiction des grenades dites « assourdissantes », et dénoncer la violence des forces de l’ordre, qui mutilent en toute impunité.

30 personnes ont été blessées, dont trois personnes grièvement blessées, dont Robin, qui a été hospitalisé car une grenade a explosé sur son pied. Son pied a été perforé par la grenade, laissant un cratère de 10 cm par 13 sur une profondeur de 2 à 3 cm (voir l’article des médics de Bure, avec la photo). Il s’agit d’une blessure très grave, causée par une arme de guerre qui est présentée comme étant « non-létale ».

Le 15 aout 2017, des centaines de manifestants ont convergé à Bure dans le but de s’opposer au projet de poubelle nucléaire de l’état français. Vent debout contre cette farce mortifère, ils venaient affirmer, jeunes et vieux, agriculteurs et étudiants, enfants et grands parents, leur opposition déterminée. La gendarmerie mobile décidera de les empêcher de manifester sur le chemin prévu. Ils décident donc de rejoindre leur but à travers champs. Leur objectif était de rejoindre le site archéologique néolithique d’importance majeure mis à jour sur l’emprise du projet, afin de dénoncer sa minimisation par la mafia nucléaire.

Au bout de plusieurs heures de marche, la gendarmerie mobile décide de nouveau de freiner la progression des manifestants. Pour ce faire, et tandis que ceux-ci ne représentaient en rien un danger pour eux ou une quelquonque infrastructure, ils tireront au milieu des champs et de la foule des dizaines de grenades assourdissantes qui feront de nombreux blessés, et ce pendant que les gens refluaient. Ces tirs de grenades ont été effectués par des fusils lanceurs de grenades, à des dizaines de mètres de leurs cibles. L’une d’entre elle a touché Robin au pied, lui causant encore actuellement d’atroces douleurs et un futur à jamais modifié. Malgré cela, il ne perd pas espoir et encourage tous les hommes et femmes, en lutte maintenant ou plus tard, à ne pas céder à la fatalité policière et à la peur et à continuer de lutter sur tous les fronts, contre le nucléaire et contre le monde qui va avec.

La grenade aurait pu le tuer, lui ou un autre, si elle avait explosé près de sa tête, comme cela a été le cas pour Rémi Fraisse, mort à Sivens d’une grenade offensive, explosant dans son dos, interdite depuis. Une grenade offensive comportait 100g de TNT. La GLI F4 (détail de la grenade ici), la grenade assourdissante qui a touché Robin et tant d’autres en contient 25g. Quel différence y a t-il, à en juger par les blessures profondes et irréversibles infligées ? Aucune, cela dépend juste de l’endroit où tombe la grenade.

Malgré cette tragique actualité, et tous les mutilés et morts provoqués par les armes de la police, Macron et sa clique viennent de commander pour 22 millions de grenades lacrymogènes et explosives en tout genre, disant « commander l’arsenal nécessaire pour 4 ans de maintien de l’ordre ». Cette annonce, à quelques jour du coup d’envoi d’un nouveau mouvement social d’ampleur contre la casse des acquis sociaux, de la part d’un gouvernement qui sabre les budgets sociaux et accompagne les plus riches, et mutile ses opposants à peine 2 mois après avoir été élu, a un goût amer et dégueulasse.

Afin de ne pas laisser Robin et les autres mutilés seuls face à l’injustice,

Afin de montrer que malgré les armes et les abus des forces de l’ordre, nous serons toujours là, solidaires et determinés à poursuivre nos luttes,

Afin d’exiger l’interdiction de ces grenades semeuses de mort,

Retrouvons-nous ce dimanche 10 septembre à 14h devant la gendarmerie de Bar-le-Duc.

Soyons nombreux, emmenons des pancartes et des banderoles, retrouvons-nous pour soutenir Robin et les autres.

Rien ne nous arrêtera.

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Rencontres contre la taule du 16 au 18 Juin 2017

Du 16 au 18 juin auront lieu à Bure des rencontres anticarcérales.

Durant trois jours, le collectif nouvellement créé, Anarchist Bure Cross, invite à participer à des projections et discussions autour de la prison à la Maison de Résistances à Bure.

Nous entendons par « rencontres » nous retrouver avec celles et ceux qui entendent lutter pour la suppression des prisons et les dispositifs coercitifs sous toutes leurs formes. Nous ne pensons pas qu’il y ait d’alternatives possibles à la prison mais qu’elle est l’outil d’un contrôle social. Par conséquent nous voulons proposer un week-end qui analyse le système carcéral et qui nous permette de jeter des bases d’organisation d’un réseau de lutte contre les prisons actuelles et à venir, ainsi que tous les dispositifs qui en découlent.

Une trentaine de nouvelles prisons sont actuellement en projet de construction en France, c’est une continuité dans la politique d’enfermer toujours davantage de gens qui ne correspondent pas aux normes sociales. Les prisons sont remplies de pauvres, d’étrangèr.es et de toutes celles et ceux qui s’opposent à cette injustice sociale.

Au programme :

* La journée de vendredi sera dédiée à des discussions ouvertes et retour d’expériences sur la taule, et toutes les expériences de détention qui touchent chaque jour davantage d’entre nous, particulièrement après le mouvement social durement réprimé de la Loi Travail.

En soirée, projections autour de la taule

* La journée de samedi accueillera Kyou et Nadia autour de leurs livres respectifs « Beau comme une prison qui brûle » et « À ceux qui se croient libres » qui retracent des vécus de taule, de proches de prisonnièr.es, de résistances de l’intérieur, de mutineries et luttes anticarcérales passées.

– Gaël avec le livre « Frères de la côte » qui décrit la trajectoire des pirates somaliens, emprisonnés longuement en France, coupés de leur famille. En présence de plusieurs amis somaliens emprisonnés.

– Présentations, stands et discussions autour de luttes anticarcérales des années 70-80, peut-être en présence des ami.es engagée.es dans des collectifs de l’époque et les éditions libertalia.

En soirée, gros concert à l’ancienne gare de Luméville, à 5 km de Bure

* La journée de dimanche ouvrira la discussion sur les perspectives de luttes anticarcérales que nous pourrons construire dans les temps à venir. Avec notamment un temps de partage et retours des groupes Anarchist Black Cross français et étrangers et autres collectifs anticarcéraux engagés contre les taules. Et dans un second temps des discussions plus concrètes sur des rendez-vous, outils et formes d’organisations dans/devant les taules et contre les futures prisons en construction.

* Mardi midi, durant la semaine d’action du 19 au 26 juin, nous organiserons une cantine, devant unte taule, dédiée aux proches des détenu.es qui se présentent au parloir.

Nous vous invitons à venir avec vos docs, films, infokiosques ou témoignages de proches et de détenu.es, afin d’alimenter les tables tout au long du week-end.

Et si vous voulez proposer une discussion, un atelier, une action, merci de nous contacter sur le mail aburecross@riseup.net

Infos pratiques :

Accès à Bure, site de covoiturage de Bure Car’bure

– Hébergement à la maison ou dans les autres lieux de la lutte aux alentours (merci d’annoncer si vous comptez venir en groupe). Précisez si vous avez besoin de conditions d’accès ou hébergement particuliers. Sur sauvonslaforet@riseup.net ou en appelant au 03.29.45.41.77.

– Traductions assurées durant les discussions

– Cantines autogérées, merci de ramener des légumes si vous pouvez !

– Tout est à prix libre ! (sauf le bar samedi soir)

L’affiche de l’événement au format pdf

Lien vers le site : anarchistburecross.noblogs.org

Lien vers le site www.vmc.camp de la lutte à Bure

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Création de l’Anarchist Bure Cross

« La généralité carcérale, en jouant dans toute l’épaisseur du corps social et en mêlant sans cesse l’art de rectifier au droit de punir, abaisse le niveau à partir duquel il devient naturel et acceptable d’être puni. »

Michel Foucault – Surveiller et Punir

L’Anarchist Black Cross (ABC) est un réseau libertaire de soutien aux prisonniers qui a émergé au début du 20ème siècle avec un soutien aux nombreux incarcérés anarchistes en Russie. Depuis l’ABC a essaimé, est devenu un réseau de groupes partageant quelques principes fondamentaux et s’est étendu à l’ensemble des prisonniers.

L’ABC milite pour l’abolition de toutes les prisons et s’oppose à tous les dispositifs sociaux de contrôle coercitifs et punitifs. Cette action se manifeste avant tout par la solidarité avec les prisonniers, briser l’isolement de la taule en créant un lien, par le biais des écrits ou des parloirs, mobiliser par des actions, évènements et textes autour des situations individuelles ou collectives dans les prisons et produire des réflexions de fond, susciter des débats et échanges autour de la question carcérale et des enfermements.

Un Anarchist Bure Cross ?

Alors que les suites judiciaires aux actions de mobilisation à Bure se profilent à l’horizon, que le mouvement social contre la loi travail a été suivi de très nombreux procès aboutissant à l’incarcération d’une trentaine de personnes en France, que la politique d’immigration et le climat sécuritaire se durcissent de jour en jour dans les politiques menées par les gouvernements français et européens successifs, il est essentiel d’organiser la solidarité face à une répression policière et judiciaire.

Avec les peines de plus en plus lourdes, éminément politiques et répressives, qui touchent les pauvres, les étrangers, les musulmans, les terrains de luttes, les prisons ne sont pas près de désemplir et on entend déjà parler de nouvelles en construction. Il ne tient qu’à la vindicte d’un procureur, un juge, une parole de policier contre la sienne pour se retrouver derrière les barreaux quelques semaines, mois ou années. À travers les comparutions immédiates, la justice expéditive s’est normalisée et généralisée, et certains politiciens, sous couvert de dispositifs anti-terroristes aimeraient revenir à des tribunaux spéciaux, alors que l’état d’urgence a déjà amplement démontré le caractère liberticide des dispositifs d’exception. Des dizaines de personnes se retrouvent ainsi chaque jour envoyées derrière les barreaux ou assignées chez elles.

Les conditions déplorables d’enfermement dans les prisons, la multiplication des dispositifs internes d’isolement pour des motifs de radicalité et les aménagements de peine qui contraignent à une soumission sans faille au règlement, sont autant de facteurs qui constituent la punition et contribuent à isoler. Une des forces coercitives de la répression est de s’appuyer sur l’isolement. Qu’on soit assigné chez soi ou entre quatre murs, par des dispositifs de dissuasion ou de contrainte, l’isolement social brise l’esprit, éreinte les corps.

Lutter contre l’enfermement, c’est avant tout briser cet isolement, traverser les murs et bâtir patiemment un pont ténu entre les prisonniers et nous, faire le lien entre eux et ceux qui nous entourent.

A travers l’Anarchist Bure Cross, nous voulons partager nos quotidiens, nos lectures, nos écrits avec les prisonniers et nous faire l’écho des pensées et sentiments de ceux et celles qui sont derrière les barreaux. Nous voulons aussi lutter d’en-dehors contre ce qui les comprime et les opprime en-dedans, parce que la lutte en taule contre la taule se paye chèrement, allonge parfois les peines du simple au double et que nous sommes libres de nos mouvements et de nos mots bien plus qu’ils et elles ne le sont.

L’Anarchist Bure Cross découle d’une volonté de lier la lutte à ses conséquences répressives, de ne pas détacher non plus le terrain de lutte du reste de l’espace social, de ne pas dissocier détention et rétention des étrangers et de considérer que la lutte antinucléaire est avant tout une lutte anticapitaliste et que les prisonniers du système actuel sont ceux d’un système capitaliste, au service duquel oeuvrent police et justice.

Qu’on soit dans une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants avec ses taules, ses centres de rétention, ses maisons d’arrêt et ses milliers de prisonniers, ou dans un village de 96 habitant.es à moins de 100 kilomètres d’une dizaine de maisons d’arrêts et centrales, les prisonniers et le système qui les emprisonne sont les mêmes.

A Bure comme ailleurs, nous voulons être le relais d’une solidarité aux prisonniers et avons décidé de créer pour cette raison l’Anarchist Bure Cross.

L’Anarchist Bure Cross

aburecross@riseup.net

https://anarchistburecross.noblogs.org/

À Bure, le 3 janvier 2017

Texte en pdf :

texte_intention_AnarBureCross

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